L’âme de la femme, chef-d’œuvre de la création (2/2)

ame de la femme 2

Cette conférence que j’ai découpée en 2 articles nous est proposée par l’association des Âmes Vaillantes. Retrouvez la première partie de la conférence ici.

L’émotivité féminine: racine directe et individuelle de l’altérocentrisme

L’altérocentrisme de la femme lui permet de remplir sa mission. Et notre nature physiologique même nous pousse inconsciemment vers notre mission créatrice. Nous sommes amenées à aimer, non pas parce que nous sommes conscientes de notre mission créatrice, mais par la nature même de notre être, par des excitations de la nature qui s’extériorisent à un moment donné. Nous n’avons pas les mêmes réactions individuelles et inconscientes que les hommes face au plaisir, à la douleur, aux angoisses:
➔ Nous sommes altérocentriques parce que nous ressentons plus vivement que l’homme les joies et les douleurs qui nous viennent des autres, et beaucoup moins celles qui nous viennent directement de nos sens et de notre cerveau..
➔ Nous sommes altérocentriques parce que nous sommes plus sensibles aux émotions des autres qu’aux nôtres propres.
➔ Nous sommes altérocentriques parce qu’en nous le goût de plaire, de faire plaisir, d’aimer, d’être aimée est plus fort que le goût de jouir directement par son cerveau ou par ses sens.
➔ Nous sommes altérocentriques parce que la peine de faire souffrir, de voir souffrir est pour nous plus forte que la peur de souffrir.
➔ Nous sommes altérocentriques parce que nous sommes moins sensibles aux joies et aux douleurs physiques ou intellectuelles qu’aux joies et aux douleurs de l’amitié et de l’amour.

Ce sont nos différentes sensibilités aux excitations concrètes et directes, c’est notre émotivité différente qui déterminent, justement, la différence entre nous et les hommes. Nous ressentons tous un plaisir égocentrique à manger, écouter de la musique, admirer un tableau, tous nous ressentons la joie d’être aimé…. Mais l’homme ressent plus vivement que la femme les émotions qui dépendent de lui tandis que la femme est plus sensible aux émotions et aux joies qui viennent des autres, qui viennent du dehors.

Altruisme

Notre sensibilité à ressentir les émotions qui nous touchent, les sentiments qui nous regardent, ne se limite pas seulement à ce qui nous concerne mais s’étend aussi aux sentiments, aux souffrances, aux joies qui regardent les autres, d’où notre trait de caractère altruiste. Cette vive sympathie que nous ressentons pour les autres étouffe dans notre cœur les émotions qui nous viennent directement de nous. Nous souffrons de la faim de notre prochain, de l’enfant abandonné et nous nous réjouissons bien plus de le voir manger à sa faim que si nous étions nous-même dans cette situation. Nous avons un besoin de donner la joie autour de nous bien plus fort que de nous en procurer.

Notre psychologie est donc capable grâce à notre altruisme naturel de soulager les douleurs des autres plus que les nôtres. Car nos émotions égocentriques sont atténuées par la prédominance des émotions altérocentriques. C’est une nécessité que Dieu a placée en notre cœur afin de pouvoir remplir notre mission et notre fonction: « pour élever un enfant, il faut que la femme puisse s’oublier pour lui, puis s’abstraire de toutes les émotions intellectuelles ou physiques personnelles pour concentrer toutes ses aspirations sur celles de ce petit être, qu’elle sache s’intéresser à tout ce qu’il fait, à tout ce qu’il dit, jouir de ses joies, souffrir de ses peines, il faut qu’elle éprouve plus de joies que celles qu’elle peut lui procurer, que de celles qui viennent directement de ses sens ou de son cerveau, qu’elle soit capable de jouir des joies ou de souffrir des souffrances de cet enfant plus que des siennes propres ». Ce sont des mouvements de notre psychologie tout à fait réalisables puisque notre nature même de femme nous y pousse.

Supériorité de la femme dans le monde des émotions

La femme a une capacité, grâce à son altérocentrisme, à deviner les angoisses, les peines, les joies, le bonheur que peut éprouver et ressentir son prochain. « Cette prédominance chez la femme dans les émotions altérocentriques sur les émotions égocentriques lui permet de pénétrer l’âme d’autrui » . La femme comprend bien les émotions puisqu’elle-même les vit, qu’elle est capable de les modifier bien plus facilement que l’homme car ce dernier n’en a qu’une connaissance théorique. C’est cette capacité à comprendre et modifier les émotions qui rend la femme supérieure à l’homme dans le monde des émotions, et c’est aussi cette capacité qui la rend inférieure à l’homme dans le monde des intérêts. Tandis que la femme ne comprend pas les raisonnements les plus clairs à l’homme, elle est bien plus habile que lui à manier les émotions du plaisir et/ou de la douleur. Exemple : l’homme cherche encore pourquoi cet enfant pleure tandis que la femme a déjà trouvé le moyen de sécher les larmes de cet enfant.

Il faut apprendre à bien connaître le mécanisme des émotions et savoir les mettre en mouvement, car c’est ce qui nous caractérise le plus. Pour une femme, agir sur le monde des émotions, en donner, en recevoir est la chose qui lui tient le plus à cœur. Tout ce que l’on fait, pense, décide, aller ou venir, prend appui, dans le monde féminin, non sur la raison, mais sur l’émotion qui nous pousse ou qui nous retient. Toutes les émotions altérocentriques de tout genre : plaisir, douleurs, satisfaction, espérances, angoisses, regrets, émotions, que nous pouvons donner ou recevoir sont les pierres angulaires, la base de notre vie. Elles sont notre raisonnement, les canaux par lesquels nous recueillons du monde extérieur la science et l’expérience dont nous avons besoin et par lesquels nous épanchons notre moi, les moyens par lesquels nous aimons, nous jouissons, nous souffrons.

Les conversations des femmes tournent presque uniquement autour des chagrins qu’elles ont éprouvés, des satisfactions qu’elles ont données ou reçues, sur leurs sources communes d’émotions altérocentriques. Les liens d’amitiés entre femmes se nouent plus sur des affinités altéroémotives que sur des affinités morales ou intellectuelles. Donner de la joie, calmer les douleurs ont une place plus grande pour la femme que remporter un prix Nobel, faire une grande carrière, avoir un bon salaire. Donner de la joie, calmer les douleurs, c’est la devise instinctive et inconsciente de toutes les femmes. Et si aujourd’hui cela nous étonne c’est parce que nous avons perdu de notre féminité, c’est que le monde dans lequel nous vivons nous influence, et renie cette vérité élémentaire et fondamentale pour arriver à une égalité de sexe et à un monde uniforme où il n’y aura plus de genre.

La dépendance de la femme

« De là, part son fatal amour des autres: la femme dépend totalement des autres. »

L’égoïsme au sens propre du terme sans y voir un côté péjoratif est un phare qui éclaire la propre route de l’homme. Ce dernier qui, par nature, est égocentrique, n’a donc besoin de personne pour arriver au but qu’il s’est fixé plus ou moins consciemment, il n’a pas besoin d’aide, il n’a pas besoin d’appui, il sait où il va, il peut y aller seul, tandis que la femme ne le peut pas! La femme, qui est altérocentrique, c’est-à-dire qui vit en fonction du monde et des personnes qui l’entourent, a besoin des autres, non seulement pour aimer et être aimée mais aussi pour être dirigée par eux.

Elle a besoin de ce point fixe qui échappe à l’agitation continuelle à laquelle elle est elle-même la proie par ces émotions altérocentriques. Elle a besoin d’une énergie qui concentre et canalise son ardeur et qui la dirige dans une direction donnée. Ce besoin n’est pas dû à une moindre intelligence ou à une éducation défectueuse mais à la structure même de la femme. L’intelligence de la femme est faite non de raisonnement mais d’intuition, aussi garde-t-elle un doute sur les conclusions vu qu’elle y arrive d’un bond, sans passer par les lois intermédiaires du raisonnement. Aussi a-t-elle besoin de guide qui l’éclaire. Plus son intelligence se développe, ses connaissances se multiplient et s’approfondissent, plus la femme a besoin de cet appui masculin, de cette autre intelligence, différente de la sienne qui la complète, l’éclaire, et l’aide à tirer profit de ses intuitions, faute de quoi, elle s’égarera et elle ne produira pas de fruits riches et féconds.

Notre vie est dans les mains d’autrui. Nous ne pouvons pas, par notre volonté, par notre activité, par nos mérites, par notre travail, conquérir directement l’affection de ceux qui nous entourent, si ceux-ci ne le ressentent point. L’amour ne s’achète point, l’amour est désintéressé. Mais n’est-ce pas tragique pour la femme que ce caprice de l’amour, car pour elle l’amour est l’objet de sa vie! Mais il y a une autre situation difficile pour la femme: plaçant le centre de sa vie dans d’autres êtres vivants qui sont en dehors d’elle, dont les passions sont différentes des siennes, la femme se trouve dans cette tragique situation de ne pouvoir jamais mettre sa passion, sa mission en accord avec son intérêt.

Qu’est-ce que l’intérêt d’une personne?

C’est tout ce qui peut en augmenter la potentialité physique ou morale : la vie, la santé, la richesse, la renommée, les honneurs. La passion, la mission de la femme ne consiste pas dans l’intérêt de sa renommée, du goût, des honneurs et des richesses. Je vous cite Georgette Blanquière dans son livre Femme selon le cœur de Dieu: « Lorsque j’ai publié il y a dix-huit ans La Grâce d’être femme, ce titre a suscité des réactions nombreuses et souvent vigoureuses. Certaines femmes m’ont dit : « Si vous croyez que c’est une grâce! Un handicap, oui! Un handicap pour vivre, handicap pour travailler, handicap aussi, dans un certain nombre de pays dans le monde, où la femme encore considérée comme une mineure, totalement soumise au pouvoir de l’homme. » Mais cette passion consiste bien dans celle d’être aimée, de se sentir aimée, de créer la vie, de soigner l’existence de tous les êtres vivants qui l’entourent.

Ses passions sont presque toujours en conflits avec ses intérêts. La femme n’a aucun intérêt à avoir des enfants pour lequel il lui faudra veiller la nuit, se donner des soucis pendant la vie entière, car l’enfant n’augmente ni la santé, ni la richesse, ni la réputation, ni les honneurs. La femme n’a aucun intérêt à quitter la maison paternelle et à s’attacher à un homme qui ne lui offrira peut-être pas ce dont elle a souvent rêvé. Aujourd’hui le monde désorienté dans lequel nous vivons a fait prévaloir ses intérêts propres au-dessus de son identité propre, de sa mission dans laquelle la femme trouve son vrai plaisir, son vrai bonheur. Entraînée dans l’illusion que le monde nous donne de trouver une satisfaction plus grande à servir ses propres intérêts, la femme abandonne pendant quelques années, voire toute une vie, sa figure instinctive, son rôle de mère, de vestale du foyer domestique, abandonne son rôle de femme occupée toute entière à donner et à recevoir de l’affection en se jetant dans l’arène politique, sociale, littéraire ou scientifique.

Hélas ! Ce n’est pas la première fois au monde que cela produit. Nous ne sommes pas la première génération qui ait essayé de triompher du passé. Mais toujours après un laps de temps plus ou moins long pendant lequel elle a suivi son intérêt personnel, obtenu l’indépendance, la richesse, la renommée, les honneurs, la santé, la femme s’est retirée, déçue, s’apercevant qu’elle ne trouvait pas la joie réelle qu’elle éprouve au contraire au milieu des durs sacrifices que réclament la maternité et l’affection de ceux qui l’entourent.

Conclusion

Ce ne sont dons pas les lois humaines, ni la soi-disant malveillance des hommes qui obligent la femme à se plier aux désirs des autres, à se sacrifier pour les autres mais son altéroémotivité, sa mission qui la met sous la dépendance des êtres vivants dont elle a besoin pour les aimer et en être aimée. Cette altéroémotivité qui lui fait sentir les émotions d’autrui avec une force telle qu’elle réduit les siennes propres au silence, cette altéroémotivité qui la pousse à donner de la joie et à éviter de la douleur aux autres, tout cela est la cause des complications et des contradictions, des débats et des égarements sur la mission, sur l’âme féminine.

Ce n’est donc point par l’amélioration de sa condition légale que la femme pourra augmenter son bonheur mais par une connaissance plus profonde de son âme, de son mécanisme. Chaque femme porte en son âme des appels à la vie; sa maternité lui confère une grâce unique qui la destine à un rôle spécifique et irremplaçable. Lorsqu’elle aura compris le sens profond de son âme, la femme pourra alors répondre à sa mission et trouver un réel épanouissement.

L'âme de la femme

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Cette série d’articles peut également vous intéresser: Être une femme chrétienne aujourd’hui: le devoir intellectuel (1/3).

Crédit photo: Pexels.

3 réflexions sur “L’âme de la femme, chef-d’œuvre de la création (2/2)

  1. Balder dit :

    De même que la femme, par sa parure, son maquillage et plus récemment la chirurgie esthétique ou les filtres Instagram, espère renvoyer une image plus flatteuse d’elle-même, j’ai l’impression que les femmes qui réfléchissent sur elles-mêmes ont toujours recours à des subterfuges pour offrir au monde une apparence de vertu somme si elles ne savaient se contenter de leur beauté propre (qui est indéniable) sans avoir besoin d’en rajouter.
    Cela se constate par un certain nombre d’affirmations incomplètes voire fausses ou de contradictions dans ce texte. Par manque de temps je n’ai pas tout relevé et je sais que l’auteur de ce blog à de très bonnes intentions mais cela ne suffit pas à éviter les erreurs, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi complexe.
    J’ai sélectionné quelques passages glanés dans les deux parties de cet article et qui me semblaient appeler une réponse. Merci de ne pas s’arrêter au ton un peu polémique mais de me lire jusqu’à la fin pour comprendre mon propos qui se pose en complément de cet article qui, somme toute, dit des choses intéressantes.

    « Nous sommes toutes un chef-d’œuvre du Bon Dieu, créé et aimé à l’infini. »
    > Passons sur le terme « chef-d’œuvre » qui peut éventuellement se comprendre dans un sens défendable.
    En revanche, il est faux de dire que Dieu nous aime d’un amour infini. Voyez Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique IIa IIae question 24 a8 : « Par rapport à l’objet aimé, la charité est parfaite quand une chose est aimée autant qu’elle est aimable »
    Dieu s’aime d’un amour infini (engendrant par là l’Esprit Saint) car il est infiniment aimable.
    L’amour qu’à Dieu pour sa créature est proportionné à son degré de ressemblance avec Lui-même, ressemblance mesurée par la charité qui est une participation à la vie divine. Cette participation est nécessairement limitée sans quoi cette créature deviendrait Dieu (ce qui est évidemment impossible).
    Qu’une femme puisse espérer être aimée à l’infini me semble en contradiction avec cet altérocentrisme prétendument désintéressé évoqué ci-dessous. Je provoque un peu mais vous verrez que l’idée principale de mon intervention est de montrer que l’égocentrisme peut tout à fait se cacher sous l’apparence de l’altruisme.

    « la femme est altruiste. Voici une définition de ce mot : l’altruisme désigne une attitude qui consiste à vouloir faire le bien pour autrui de manière totalement désintéressée. Il s’agit d’adopter une attitude généreuse dans le but d’aider. La femme est altruiste ou plus exactement altérocentriste, en ce sens qu’elle place le centre de son plaisir, de son ambition, non en elle-même mais en une autre personne qu’elle aime et de qui elle veut être aimée : mari, enfant, père, amie… »
    > La femme ne place pas le centre de son plaisir dans l’autre mais c’est sa nature profonde qu’elle ne s’est pas donnée. (Voir Genèse II,18 : dès le commencement Eve est créée pour être une aide, donc pour autrui).
    D’autre part, s’il y a plaisir et si la femme veut être aimée c’est que le bien fait à autrui n’est pas – je cite – totalement désintéressé.
    Cette obsession pour « l’autre » comme concept abstrait est dénuée de sens. L’autre n’a de réalité que dans les personnes ou groupes qui le composent. Aimer l’autre de manière indistincte c’est aimer quelque chose que l’on ne connait pas. Or l’amour procède de la connaissance (j’aime telle chose ou telle personne car je perçois ses qualités objectives qui le rendent aimable). L’obsession pour l’autre n’est donc pas un amour de l’autre mais un amour de soi même qui prend la forme accidentelle de l’altruisme.
    Je vous rejoins donc sur le fait que la femme est faite pour autrui mais cela n’implique pas forcément qu’elle ne puisse pas rapporter cela à elle-même et en tirer une jouissance égoïste comme nous le verrons plus tard.

     » L’homme est égoïste ou plus exactement égocentriste en ce sens qu’il tend à faire de lui-même, de son intérêt, de ses plaisirs, de ses occupations, le centre du monde où il vit »
    > Cela est également maladroit dans la manière de présenter les choses. Nous avons donc d’un côté la femme, altruiste et désintéressée, et de l’autre l’homme égoïste et centré sur lui-même…
    Je le répète : le fait d’être tourné vers l’autre n’implique pas nécessairement l’absence d’égoïsme. Il y a en effet quantité de satisfactions d’amour-propre et de motivations individualistes qui peuvent prendre l’apparence de la générosité : le plaisir de se sentir utile, de se sentir aimée, la satisfaction d’appartenir au camp des gens bien, des généreux, le plaisir de faire plaisir, la fuite de son vide intérieur…
    D’ailleurs, si la femme trouve son plaisir dans l’autre, s’en occupe-t-elle par « altruisme » ou parce que cela lui procure du plaisir ?
    Il suffit de voir dans quel état finissent les féministes sans enfant pour se rendre compte que la femme a beaucoup à gagner en se consacrant à l’autre et que cela n’est peut-être pas si désintéressé qu’on veut nous le faire croire.
    D’autre part, l’activité de l’homme n’est pas centrée sur lui-même mais sur le monde qui l’entoure – humains y compris mais beaucoup moins exclusivement que la femme – monde qu’il comprend, transforme, bâtit, organise…
    Au sommet de cette activité se trouve la spéculation philosophique qui consiste à se détacher complètement de sa subjectivité pour accéder à l’universel du concept. C’est l’exact opposé de l’égocentrisme.
    Cela nécessite un degré d’abandon de soi que peu soupçonnent. Le père Sertillange l’évoque dans son ouvrage La vie intellectuelle, son esprit, ses conditions, ses méthodes : « Les athlètes de l’intelligence, comme ceux du sport, ont à prévoir les privations, les longs entraînements et la ténacité parfois surhumaine »

     » Nous sommes altérocentriques parce que nous sommes moins sensibles aux joies et aux douleurs physiques ou intellectuelles qu’aux joies et aux douleurs de l’amitié et de l’amour. »
    > L’amitié étant une communauté de valeur (voir l’Éthique à Nicomaque d’Aristote), elle correspond nécessairement à une joie intellectuelle, au moins implicite.
    L’amour véritable consiste à vouloir le bien d’autrui, bien devant être préalablement connu par l’intelligence.
    Les joies et les douleurs de l’amitié et de l’amour sont essentiellement intellectuelles.
    Ce que vous décrivez procède de la SENSIBILITÉ. Vous êtes en train de baser votre vision du réel (de la femme en l’occurrence) sur du sensible, ce qui suscite des confusions.

    « La femme a une capacité, grâce à son altérocentrisme, à deviner les angoisses, les peines, les joies, le bonheur que peut éprouver et ressentir son prochain. « Cette prédominance chez la femme dans les émotions altérocentriques sur les émotions égocentriques lui permet de pénétrer l’âme d’autrui ». La femme comprend bien les émotions puisqu’elle-même les vit, qu’elle est capable de les modifier bien plus facilement que l’homme car ce dernier n’en a qu’une connaissance théorique »
    > Une fois de plus vous semblez affirmer que l’homme est incapable d’empathie (il n’aurait qu’une « connaissance théorique » des émotions d’autrui) ce qui est évidemment faux. Il a cependant un intérêt moindre que la femme pour l’humain car sa vie est peuplée d’autres choses au moins aussi importantes qui mobilisent ses capacités quand celles des femmes sont toutes tournées vers l’autre.
    Beaucoup de questions sont soulevées par votre propos (je n’ai malheureusement pas le temps d’y répondre et probablement pas la compétence) : Qu’est ce qui permet de dire à la femme qu’elle pénètre l’âme d’autrui ? Le fait de CROIRE ressentir la même chose qu’une personne est-il suffisant pour le comprendre ? Vivre une émotion est-il équivalent à la comprendre ?
    D’une manière générale il me semble que la distinction entre homme et femme se retrouve dans le classement des passions dans la philosophie scolastiques (distinction entre le concupiscible et le sensible). Il n’est donc même pas évident que les hommes ressentent moins d’émotions que les femmes. Elles sont simplement différentes et plus adaptées à leur mission.

    « C’est cette capacité à comprendre et modifier les émotions qui rend la femme supérieure à l’homme dans le monde des émotions canaux par lesquels nous recueillons du monde extérieur la science et l’expérience dont nous avons besoin et par lesquels nous épanchons notre moi, les moyens par lesquels nous aimons, nous jouissons, nous souffrons. »
    > Je passe sur les générations de génies qui ont décrit l’âme humaine avec une acuité qui n’a rien à envier aux femmes (Aristote et saint Thomas en philosophie, Hegel et même Sartre qui dit des choses très profondes sur la mauvaise foi ou les rapports de domination, pour la littérature : Stendhal, Constant, Dostoïevski, Hamsun…), ne parlons même pas des grandes figures de la psychologie et de la psychiatrie.
    Les émotions ne constituent ni une science ni une expérience adéquate pour percevoir le monde, ni un moyen d’aimer. On aime en acte et en vérité comme dit saint Jean dans son Épitre, c’est-à-dire par la volonté : l’amour véritable est celui qui se vit par-delà les émotions, en vue de faire le bien et sans considération du plaisir qu’on en retire. Cela culmine dans la croix et il n’est pas étonnant que Notre Seigneur ait souhaité nous montrer Son amour de cette manière.

     » Les liens d’amitiés entre femmes se nouent plus sur des affinités altéroémotives que sur des affinités morales ou intellectuelles. »
    > Les « affinités altéroémotives » ne peuvent constituer la base d’une amitié véritable et c’est pour cette raison que les amitiés entre femmes sont souvent instables et superficielles : il faut pour qu’elles durent dépasser le simple ressenti et s’ancrer dans des valeurs objectives. On peut à la limite considérer que des femmes se rapprocheront car elles éprouvent les mêmes émotions à propos des mêmes valeurs mais les émotions sont changeantes et ne permettent pas d’éprouver véritablement la qualité des valeurs qui les suscitent.

    « L’intelligence de la femme est faite non de raisonnement mais d’intuition, aussi garde-t-elle un doute sur les conclusions vu qu’elle y arrive d’un bond, sans passer par les lois intermédiaires du raisonnement »
    > Je suis très méfiant à l’égard de ces histoires d’intuition féminine. L’intelligence étant la faculté de percevoir le réel, il n’y a pas différentes formes d’intelligence mais des intelligences plus aptes à percevoir certains domaines du réel (sous ce rapport le terme à la mode d’intelligence émotionnelle que l’on retrouve depuis quelques années dans les magazines féminins n’est pas idiot).
    L’intuition n’est qu’une infra-pensée qui n’a pas encore accédé à l’objectivation de soi. Ce n’est pas une manière d’arriver d’un bond à une conclusion, mais plutôt d’avoir envie de bondir vers une conclusion sans trop savoir pourquoi.
    Certaines femmes passent leur temps à vouloir imposer leur sensibilité en prétextant que leur intuition serait égale à la rationalité. Il n’en est rien et les lois du raisonnement ne sont pas « intermédiaires » mais sont les lois de l’être, inscrites jusqu’au plus profond du réel.
    Lorsqu’une femme pense utiliser son « intuition », elle ne fait que percevoir un ensemble d’éléments qui permettraient de tirer une conclusion logique dans le cadre d’un raisonnement conscient et en tire une conclusion instinctive qui n’a pas forcément la solidité ni la profondeur d’un raisonnement.

    Il y aurait encore beaucoup de choses à dire mais pour conclure :
    Nous avons vu tout à l’heure que l’amour véritable n’est pas dépendant des sentiments qui l’accompagnent mais d’une aptitude à vouloir le bien d’autrui, jusque dans l’oubli de soi qu’est la croix du Christ.
    L’obsession de la femme pour l’autre n’est pas forcément la marque d’une générosité plus grande que l’homme car elle peut très facilement être rapportée à soi dans un processus égoïste.
    La femme a effectivement une plus grande dilection à l’égard d’autrui mais c’est aussi parce que cela lui permet de se sentir aimée, de donner un sens à sa vie, de satisfaire une pulsion maternelle… au final d’en tirer un certain plaisir. Il y a dans cela une certaine facilité.
    Songez mesdames que la pulsion qui vous pousse vers les enfants, voulue par Dieu et très bonne, ne nécessite pas de combat en vous, contrairement à la pulsion reproductrice de l’homme qui nécessite un combat quotidien pour garder la chasteté (saint Paul l’évoquait lorsqu’il parlait de l’aiguillon de la chair).
    C’est pour cette raison qu’hommes et femmes sont égaux dans l’amour véritable : même si la femme a plus de dispositions que l’homme à aller vers l’autre et à s’en occuper, il faut encore qu’elle se dépouille de sa sensibilité pour que cela soit véritablement altruiste.
    Regardez par exemple les ravages que l’amour d’une mère peut faire sur des enfants lorsqu’il devient étouffant, ou lorsque l’enfant roi n’est pas éduqué sous prétexte que sa mère l’aime trop pour lui dire non. Regardez également le nombre de maris qui sont complètement mis de côté lorsque la femme devient mère, ne faisant de l’homme qu’un moyen d’obtenir ce que sa pulsion maternelle lui faisait convoiter ou bien les hommes abandonnés lorsqu’ils perdent leur emploi, n’étant plus d’assez bons pourvoyeurs pour susciter l’amour. Regardez avec quelle obstination certaines femmes nient l’évidence en cherchant à être validées par le plus grand nombre lorsqu’elles ont tort (Par exemple : débat entre la féministe Fiona Schmidt et Julien Rochedy : https://www.youtube.com/watch?v=Lm99UhKPgvE&t=3s – voir également l’excellente analyse de la chaîne Mos Majorum : https://www.youtube.com/watch?v=GTHdmSb4a2M )

    Attention, je ne dis pas que les hommes sont meilleurs, par contre je ne dis pas qu’ils sont pires.
    D’ailleurs qu’est ce qui est le plus difficile, devoir lutter contre une certaine tendance à l’égoïsme pour faire preuve de charité ou avoir une tendance spontanée à aller vers l’autre au risque d’en faire un instrument de plaisir et d’agir à son égard avec l’apparence seulement de l’altruisme ?
    Je sais mesdames que certains hommes ne vous aiment pas assez, ou ne vous le montre pas comme vous l’aimeriez, pour ce que vous êtes, et que cela est difficile. Mais vous n’avez pas besoin de vous inventer des qualités pour être aimables. Je vois beaucoup de femmes courageuses autour de moi et souvent ce besoin de reconnaissance leur joue des tours. Songez que les hommes sont souvent le résultat de ce que leurs parents en ont fait, et le rôle de la mère est crucial là-dedans. Des petits garçons trop gâtés, trop habitués à ce que vous les placiez sur un piédestal et à ce que vous fassiez tout à leur place deviendront égoïstes car ils considèreront cela comme un du. Vous avez un rôle énorme à jouer là-dedans. Pas comme le pense les féministes pour faire la promotion d’une égalité mathématique ridicule mais pour inculquer aux petits hommes cette finesse psychologique qui peut leur manquer car ils sont focalisés sur des choses différentes mais tout aussi importantes.

    Bon courage à toutes les femmes de bonne volonté.

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