« Arrêtez de vouloir me caser! »

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Lorsque vous commencez à aborder la trentaine et que vous n’êtes ni mariée, ni fiancée ni même en train de fréquenter quelqu’un, il arrive, très fréquemment, que votre entourage commence à s’en mêler. Famille, amis, collègues, amis d’amis, inconnus, grande tante, cousin éloigné…tout le monde s’y met! Chacun y va de son bon conseil: tu devrais sortir plus, tu devrais te bouger, tu devrais arrêter de faire la fine bouche, tu devrais faire ci, tu devrais faire ça. En un mot, c’est de votre faute si vous êtes célibataire, et vous devriez faire un petit effort pour trouver le prince charmant! Passé un certain âge, le célibat n’est pas chose facile à vivre pour certaines personnes, et toutes ces remarques de votre entourage sont parfois difficiles à entendre. Cependant, avez-vous le droit de vous laisser aller et d’attendre que votre future moitié tombe du Ciel? Je vous propose ici quelques pistes de réflexions à ce sujet.

La solitude et l’attente de votre cher et tendre, à qui vous rêvez de vous unir pour la vie, sont loin d’être évidentes. Vous avez envie de trouver chaussure à votre pied, mais, pour autant, vous ne pouvez pas rester inactive. Pour des raisons purement matérielles par exemple, vous devez trouver un travail. De plus, vous vous constituez peu à peu votre vie sociale et vous vous adonnez à quelques activités. Finalement, vous apprenez à vivre seule, à prendre des décisions seule, à subvenir à nos besoins seule, à avancer dans votre vie spirituelle de votre côté. Le danger, c’est bien sûr de devenir égoïste, à force de vivre seule et sans vraiment avoir de compte à rendre à quelqu’un. On oublie un peu ce qu’est la vie de famille, les sacrifices pour le bien commun, et toutes ces petites choses qui vous forçaient, et heureusement, à vous oublier de temps en temps au profit des autres. Et même lorsque vous avez des activités extérieures, que vous êtes dans des associations, etc, ce n’est pas vraiment la même chose que la vie en couple ou en famille, puisque finalement c’est vous seule qui choisissez votre emploi du temps et vos occupations. Il y a également le risque de devenir aigrie, un peu rancunière face à la vie en quelque sorte. Voir toutes ses amies se marier et avoir des enfants alors que vous êtes seule peut parfois vous plonger dans le désespoir, l’envie voire le mépris d’autrui.

Comment faire pour vivre cette attente de façon constructive et efficace? Tout d’abord, tout remettre entre les mains de Dieu. Vous pouvez à cette occasion (re)lire l’ouvrage de Dom Lehodey, Le Saint abandon. C’est dans ce livre que vous trouverez cette belle citation: « Tous nos cheveux sont comptés, et il n’en tombe pas un seul sans la permission de Notre-Seigneur qui est dans les Cieux. (…) Et ainsi, moi qui ne suis qu’un atome insignifiant dans le monde, j’occupe jour et nuit, sans cesse et partout, la pensée et le cœur de mon Père qui est aux Cieux« . Oui, le bon Dieu veille sur vous, sait ce qu’il y a de mieux pour vous, et vous devez lui faire confiance. Cela ne signifie pas que vous devez attendre passivement qu’il se passe quelque chose dans votre vie. Mais vous pouvez rester disponible tout en plaçant votre espérance en Dieu, et accepter la situation avec humilité.

Cette période d’attente est souvent propice pour faire le point sur sa vie, sur soi et sur sa santé émotionnelle. Il faut apprendre à s’aimer avant d’être aimée, et cela peut être le secret pour ne pas devenir aigrie, ne pas se dénigrer ni se saboter soi-même finalement aux yeux des hommes qui pourraient devenir vos maris. Pour « faire le point », je vous propose par exemple les exercices du livre Révolutionner sa vie affective, d’Anne-Sixtine Pérardel. Vous pourrez ainsi me vous rendre compte de vos qualités, de vos atouts mais aussi des défauts ou faiblesses sur lesquels vous devriez travailler. Cela vous permettra également d’augmenter votre estime de vous-mêmes, vous aimer telle que vous êtes et vous aider à rayonner davantage autour de vous.

N’oubliez pas que la balle est dans votre camp! À vous de vous prendre en main, de changer d’image (avec une conseillère en image par exemple), de travail, voire même de ville. Non, je ne vous dis pas de tout laisser tomber et de tout envoyer en l’air, mais peut-être qu’un changement quel qu’il soit pourrait vous aider? On a tendance à rester dans sa zone de confort et sa routine, ce qui peut empêcher de belles choses d’arriver. Prenez les moyens d’avancer, de ne pas vous laisser aller, de vous réveiller. Apprenez à cultiver votre jardin intérieur, prendre soin de vous et développer vos talents. Le célibat n’est pas une vocation en soi, mais je crois que lorsque l’on est confrontée à cette situation malgré nous, il faut apprendre à le vivre de façon féconde et tout remettre entre les mains de Dieu. Courage 🙂

Et vous, comment vivez-vous ou avez-vous vécu cette période de votre vie? Partagez votre expérience en commentaire!

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Crédit photo: Pexels.

6 réflexions sur “« Arrêtez de vouloir me caser! »

  1. Blandine dit :

    Chère Thérèse,
    Je rajouterais ce conseil-ci : fréquentez des milieux où les hommes cherchent des femmes « traditionnelles », ce n’est certes pas en faisant la virée des bars tous les weekends que l’on trouvera chaussure à son pied. Lorsqu’on possède déjà une communauté d’intérêts (religieux, intellectuels, politiques…), une bonne partie du chemin est déjà faite.
    Pour ma part, le meilleur artisan de mon mariage a été St Joseph que j’ai prié de tout mon cœur pour rencontrer mon futur époux : un an plus tard, j’étais mariée !

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  2. Marie dit :

    J’espère que cet article aidera celles qui se sentent oubliées et mises de côté.
    Il reste que le célibat peut s’avérer être un état de vie prévu par la Providence, généralement pour 2 buts me semble-t-il : être disponible pour une œuvre au service de l’Église ou de la société, ou plus simplement témoigner par sa vie chrétienne dans le monde que Dieu seul suffit. Dans un monde qui ne sait même plus que la vie religieuse existe, ce type de vie peut frapper nos contemporains.
    Il existe des exemples très inspirants. J’aime beaucoup Pauline Jaricot, qui n’a jamais tenté la vie religieuse et s’était consacrée à Dieu très jeune, elle a rendu tant de services à l’Eglise en restant dans le monde. J’ai lu sa vie, il ne semble pas qu’elle ait jamais hésité sur son état de vie ! Avait-elle donc choisi une « non-vocation »?
    C’est un sujet à creuser, cela pourrait redonner confiance à celles qui voient les années passer et pour qui cela n’a pas de sens. On dit que le célibat n’est pas une vocation, peut-être que les choses sont moins tranchées que cela… Je connais personnellement plusieurs personnes qui l’ont choisi, pas subi, et qui sont des femmes particulièrement généreuses et épanouies 😊 cela ne veut pas dire que cela ne soit jamais difficile à porter, chaque vocation a ses épreuves n’est-ce pas.

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  3. femmeapart dit :

    Bonjour Marie, merci pour ce commentaire! Je vous avoue que j’ai toujours entendu « le célibat n’est pas une vocation » et je trouve que cela n’aide pas à l’accepter lorsque celui-ci arrive. Je pense que le fait de le subir est très mauvais de toute façon, quoi qu’il en soit il faut accepter la volonté de Dieu et donner un sens à cet état de vie, même si l’on ne l’a pas choisi à la base.

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  4. emlgdpfdouard marie laugier dit :

    Le mariage non plus n’est pas une vocation. C’est un état ordinaire, mais il y a aussi la vocation religieuse et la vie de célibat, plus parfaite encore et qui existe, heureusement. Il faut des familles mais aussi des personnes seules, qui se consacrent à autre chose que la vie de famille. Parfois ils se dévouent pour d’autres familles, en parrainant les enfants, en aidant à l’école, ou de bien des manières.

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  5. femmeapart dit :

    Je crois qu’ordinairement l’Église a toujours distingué le mariage et la vie religieuse en appelant cela des vocations. Pour ce qui est du célibat consacré, cela se rapproche de la vie religieuse. En revanche le célibat « normal » ne peut pas, je pense, être considéré comme une vocation à part entière, choisie librement (cela équivaudrait à dire je choisis d’être seule et de ne pas me consacrer à Dieu?). Si l’on est seule par la force des choses, cela ne veut pas dire pour autant que notre vie est ratée, loin de là. Il faut tout faire pour féconder ce célibat et lui donner du sens, sans rester dans l’égocentrisme et l’égoïsme.

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